à l'envi

à l'envi

La ronde de décembre 2013 : Regard(s)

Victoire! Je retire mon regard…

 

...Là vous dis-je! Enfin, regardez donc...regardez... Oh ne vous attendez pas à une ampliation colossale, bien sûr, mais ce frétillement de la crête, ce bombement à peine perceptible, Joachim, cette convexité qui me donne le frisson... La pierre vit, la montagne respire, expire, sa masse roulée est un muscle bandé qui ne demande qu’à se détendre brusquement et alors, gare à ceux qui se trouveraient sur sa trajectoire. Le magma sous-jacent, ne le sentez-vous pas Joachim? A trop la regarder, je vois ses borborygmes, je devine ses digestions triasiques. Des hordes de dinosaures sommeillent en ses flancs. La terre du Cengle est gorgée de leur sang, de leurs os. Elle respire vous dis-je... Il vous faut regarder, inlassablement, aux aguets, avec acuité. Son dos est un miroir où glissent les nuages. La lumière changeante en fait un kaléidoscope gigantesque, mais ne vous laissez pas berner par son mimétisme.

De loin, toujours, la toiser et sentir la force tellurique de la vague figée dans sa poussée. Y ajouter le poids de l'air qui nous sépare d'elle, les embruns de feu, le mouvement des feuilles dans le vent comme les algues sous le flux.

 

 

Sans cesse, revenez sur le motif, posez votre regard sur les stigmates de la surrection, les rides intemporelles que détaille Marion dans son jargon scientifique. La poussée millimétrique vers le ciel, la voyez-vous, enfin? Notre regard nous trompe, il croise une ombre, glisse sur la carcasse inerte, le temps d'un coup d’œil distrait.
 
 

Sans cesse, revenez sur le motif, posez votre regard sur les stigmates de la surrection, les rides intemporelles que détaille Marion dans son jargon scientifique. La poussée millimétrique vers le ciel, la voyez-vous, enfin? Notre regard nous trompe, il croise une ombre, glisse sur la carcasse inerte, le temps d'un coup d’œil distrait.

 

 

 

Elle semble là, depuis toujours, inchangée, immuable dans son apparente immobilité de vieille montagne placide. Mais si vous la traquez sans cesse, elle se révèlera. Les plis sous tension, la dynamique d’ensevelissement, la menace Joachim. La menace... voilà ce qui fascine, et glace.  Ne vous aventurez pas trop près vous dis-je. Elle vous engloutirait. A marcher sur ses flancs, vous sentiriez la puissance ascendante vous soulever,
 

Elle semble là, depuis toujours, inchangée, immuable dans son apparente immobilité de vieille montagne placide. Mais si vous la traquez sans cesse, elle se révèlera. Les plis sous tension, la dynamique d’ensevelissement, la menace Joachim. La menace... voilà ce qui fascine, et glace. Ne vous aventurez pas trop près vous dis-je. Elle vous engloutirait. A marcher sur ses flancs, vous sentiriez la puissance ascendante vous soulever,

 

 

 

jusqu’à vous submerger.

 

 

jusqu’à vous submerger.

 

 

Car elle seule a raison et raison d'être, depuis bien avant et jusqu'à bien après notre éphémère passage. Laissez-moi maintenant, je vous prie. Nous avons, elle et moi, rendez-vous ce matin encore. Le temps fraîchit et j’ai des frissons depuis hier soir. Cette toux qui m’épuise, cette fièvre qui m’éteint. Mais las! elle sera là, triomphante dans sa divine présence à narguer mon regard. Je m’attelle à percer le secret de ses flancs, oublier mon regard et sentir la matière, dussè-je y laisser mon âme et ma vie…

 

 

 

Car elle seule a raison et raison d'être, depuis bien avant et jusqu'à bien après notre éphémère passage. Laissez-moi maintenant, je vous prie. Nous avons, elle et moi, rendez-vous ce matin encore. Le temps fraîchit et j’ai des frissons depuis hier soir. Cette toux qui m’épuise, cette fièvre qui m’éteint. Mais las! elle sera là, triomphante dans sa divine présence à narguer mon regard. Je m’attelle à percer le secret de ses flancs, oublier mon regard et sentir la matière, dussè-je y laisser mon âme et ma vie…

 

 

 

 Merci à Hélène pour le <a href="http://www.jdarriulat.net/Essais/CezanneReal/CezanneRealisme.html">"lien"</a>  révélateur, crédit photographique des planches 3 et 4 à <a href="http://comdesimages.com/portfolio/la-montagne-sainte-victoire/">"Benjamin"</a> .

 

 

Merci à Hélène pour le <a href="http://www.jdarriulat.net/Essais/CezanneReal/CezanneRealisme.html">"lien"</a photographique des planches 3 et 4 à <a href="http://comdesimages.com/portfolio/la-montagne-sainte-victoire/">"Benjamin"</a

 

Quotiriens, le 15 décembre 2013



05/02/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 7 autres membres